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IDENTIFICATION LETTRE : 95

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Portefeuille :    
Lieu : aux Trois-Ilets
Expéditeur : Mme de La Pagerie, Mère de Joséphine  
Destinataire : Joséphine
Date républicaine :  
Date grégorienne : le 1er mai 1805
 
Votre oncle, Ma Chère Amie, vous donnera lui-même de mes nouvelles. Il Vous prouvera par sa présence l'attachement et la tendresse qu'il a pour Vous puisque c'est elle seule qui l'arrache à son pays, à ses habitudes, à ce genre de vie des colonies qu'il est imprudent de quitter à un certain âge. Mais une longue et constante amitié n'écoute aucun danger pour faire goûter les douceurs qu'elle peut procurer à une nièce qui fait la consolation et le bonheur de ses vieux jours. Votre oncle, ou pour mieux dire, celui qui Vous a toujours aimée comme un bon père, a voulu Vous voir, Vous admirer ainsi que Votre Auguste Epoux et Vous assurer tous deux de mes sentiments pour Vous ainsi que de son inaltérable attachement, de sa profonde reconnaissance et de son dévouement sans borne.

Son fils et certains papiers publics l'avaient assuré que son neveu et son souverain l'avaient nommé au sénat conservateur, ainsi que chancelier de sa 16ème cohorte de la Légion d'Honneur ; mais il a été détrompé par de nouveaux papiers publics qui assurent que c'est un autre Tascher, sans doute parent très éloigné : ce qui est du meilleur augure pour votre oncle ; votre meilleur ami qui, d'après celà, peut prétendre à des honneurs et à des dignités susceptibles de le fixer honorablement près de son souverain.

Sainte-Catherine d'Audiffrédy, son intéressante épouse et leurs enfants, seront aussi pour moi près de Vous l'objet de ma plus tendre sollicitude, car je les aime comme mes propres enfants. Sainte-Catherine joint aux qualités les plus estimables celles d'un officier intelligent, actif et brave au suprême degré. Son goût décidé pour l'état militaire le rendra un jour recommandable par l'exemple de tous les guerriers qui environnent le trône de Votre Epoux dont il sera jaloux de fixer l'attention par une conduite distinguée et par son dévouement à toute épreuve.

Je serais fort satisfaite d'apprendre de Vous, Ma Chère Fille, que vous partagez ainsi qu'Hortense, toute l'amitié que j'ai pour ma nièce, Madame de Sainte-Catherine, et que Vous l'avez accueillie comme une bonne soeur. Ses charmantes qualités, sa figure intéressante qui a tant l'air de la vôtre, la tendresse qu'elle a pour ses enfants me la font aimer et chérir comme si j'étais sa mère. Faites, je Vous supplie, pour elle et son mari, tout ce que je ferais si j'étais à Votre place. Je vous en saurai un gré infini, car je n'ai rien tant à coeur que de les savoir heureux.

Je Vous prie en grâce aussi de distinguer de tous les amis de Votre oncle le bon et honnête Monsieur de Bonin pour lequel je Vous ai souvent écrit. C'est un père de famille qui a beaucoup perdu à la Révolution et qui mérite tout Votre intérêt par la longue et constante amitié qu'il n'a point cessé d'avoir pour Votre oncle. Cet homme respectable a ses enfants qui ont besoin de toute Votre bonté.

Veuillez la leur accorder : Vous me ferez le plus grand plaisir.

Permettez aussi, Ma Chère Fille, que je rappelle à Votre souvenir Monsieur Berdot que j'ai chez moi en qualité de secrétaire. J'ai deux motifs pour le prendre : le premier, parce que j'en avais besoin ; le second, parce qu'il Vous connaît et que j'ai le plaisir de l'entendre parler de Vous. Il le fait souvent car il ne tarit pas sur Vos louanges ; il m'a prié de lui permettre de Vous présenter son respect profond. Conservez-lui Vos bontés, car je l'en crois digne malgré que Vous ne me l'ayiez pas recommandé à son arrivée ici.

Monsieur de Blanque me prie aussi de le rappeler à Votre souvenir dans lequel il désire toujours avoir une petite place ; il vous offre l'hommage de son respect.

Rappelez-moi au souvenir du Général Lagrange dont je serais jalouse d'avoir des nouvelles.

Adieu, Ma Chère Fille. Je Vous embrasse bien tendrement ainsi que mes petits-enfants. Mes respects à Votre Auguste Epoux.

/S/ Sanois La Pagerie

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