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IDENTIFICATION LETTRE : 80

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Portefeuille :    
Lieu : Trois-Ilets
Expéditeur : Mr. de La Pagerie, Père de Joséphine  
Destinataire : Joséphine
Date républicaine :  
Date grégorienne : 23 mars 1784
 
Que je suis pénétré de ta position, Ma Chère Yeyette. Tu dois en juger par ma tendresse pour toi et le désir que tu me connaissais de te savoir toujours heureuse. Ta lettre ne m'a pas surpris après celle de Monsieur le Vicomte de Beauharnais qu'il m'écrit à son départ d'ici et qu'il a eu bien soin de me faire remettre plus d'une heure après avoir mis à la voile. Malgré toutes ses finesses, je n'ai pas tardé à être instruit de ses infâmes démarches et plus je vais aux recherches, plus je suis obligé de lui donner des torts et de croire que c'était avant son départ de Paris un projet concerté entre lui et d'autres. J'espère que ton innocence sera ta défense ; elle ne succombe pas toujours à la cabale. Je t'envoie ci-inclus la copie collationnée de la lettre qu'il m'écrivit et qu'on me remet, son bâtiment sous voile. Tu auras aussi avec les mêmes formalités ma réponse. J'ai ajouté au paquet quelques lettres de ta famille. Ne manque pas de nous instruire de tout ce que tu fais, et surtout demande à revenir dans les bras de ton papa et de ta maman. Les plus beaux éloges, les projets les mieux concertés et toutes les promesses de la terre que je ne croyais plus ne seront plus capables pour lors de nous séparer ; et nous ferons consister notre félicité à vivre ensemble et à te faire oublier par notre tendresse la hauteur d'un mari qui ne te vaut peut-être pas les lettres abominables qu'il t'a écrit et les infâmes calomniateurs qui ont cherché à te perdre. Si tu arrives sous peu, tu retrouveras ton ancien logement dont Madame de T... dit que Monsieur ton mari s'est moqué. Mais pour peu que nous n'ayions le plaisir de te voir que l'année prochaine, j'aurai un appartement plus honnête à t'offrir et il vaudra bien celui que je t'ai vu occuper à Paris qui, autant que je puis m'en rappeler, était fort borné et orné d'une brillante tapisserie de papier. Quant à celui que Monsieur le Marquis de Beauharnais a bien voulu me donner chez lui, je ne m'en suis jamais plaint. J'en serai même toujours reconnaissant.

Je finis, Ma Chère Fille, car l'occasion presse et je me hâte d'expédier au plus vite ce paquet pour qu'il fasse la même route qu'un navire normand qui part de Saint-Pierre après-demain. Je désire que tu sois en santé quand il te sera remis. Je compte sous huit à dix jours t'envoyer un duplicata et t'écrire plus longuement ainsi qu'à ta tante à qui je te prie de faire mes excuses. Embrasse la pour moi ainsi que ton papa. Je suis bien sincèrement pour toujours ton ami et ton cher papa.

S/Tascher de la Pagerie

Mon frère est à Tabago avec Monsieur le Vicomte de Damas. Il sera ici sous 10 à 12 jours : je l'attends avec impatience. Sa santé aurait besoin d'un voyage en France. Je t'enverrai par duplicata copie certifiée des autres lettres que tu me demandes, et s'il est besoin, la déposition de Brigitte à qui ton mari a offert vingt moïdes pour lui faire dire des faussetés sur ton compte. Cette mulatresse nous a prévenus aussitôt le départ de ton mari. Il a cherché ici à la corrompre et à la séduire. Il a même poussé la finesse jusqu'à lui dire que tu lui avais fait la confidence qu'elle avait entre ses mains des lettres que tu lui avais confiées et que tu l'avais chargé de les lui demander afin qu'il put les brûler et être par là certain que les dites lettres ne tomberaient pas entre des mains étrangères qui en feraient un mauvais usage. Juge du petit tour pour un jeune homme de 22 ans ! Brigitte lui a répondu que tu ne recevais jamais de lettres, tout au plus de quelques jeunes demoiselles ou dames de nos amies et que tu avais toujours attention de les porter à ta mère.


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