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IDENTIFICATION LETTRE : 39

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Portefeuille : A    
Lieu : Blois
Expéditeur : Lamayrie-Faverolle  
Destinataire : Madame de Renaudin
Date républicaine :  
Date grégorienne : 1 Août 1779
 
à Madame
Madame de Renaudin
rue Garancière, Faubourg Saint-Germain
à Paris

J'ai, Madame, reçu votre obligeante lettre quatre heures après le départ de mon fils. J'aurais eu l'honneur de vous écrire par lui et tel était mon projet si la diligence qui partait sur le champ ne m'eut fait manquer mon courrier. Je le reprends aujourd’hui Madame, pour vous renouveler tous mes sentiments et traiter avec vous
le chapitre de l'amitié duquel je connais tout le prix. Je ne vous parlerai pas en grands termes de ma reconnaissance; vous en connaissez toute l'étendue et mon désir est de ne jamais oublier tout ce que je dois au cher Marquis et à vous, Madame, de votre bienfaisance. Je ne puis donc que vous répète», que je suis vivement pénétrée de vos bontés dans la personne de ma progéniture pour laquelle vous voulez bien vous intéresser. Je me flatte même que vous ne désapprouverez
pas une folie qui a roulé dans ma tête depuis quelques jours à son sujet. L'infortune donne quelquefois des idées que d'autres n’oseraient proposer. Voila de quoi il s'agit: je voudrais qu’il prit avec votre agrément et celui de Monsieur de Beauharnais un état plus lucratif et moins onéreux que celui du service où il ne fera jamais rien que de dépenser, son goût étant enclin a la dépense; et il pourrait encore fort bien arriver qu'il contracta des dépôts qui le feraient chasser de son régiment, pour obéir a tous ces inconvénients. Je propose à mes patrons de le faire entrer dans un bureau à Versailles ; il a la capacité nécessaire pour remplir cette place et je crois qu'il travaillerait plus sûrement à avoir de la fortune. Son ouvrage le captiverait et il n'aurait point d'occasion ni d'exemple de camarades qui le porta à la dépense. Je sais que ce que je propose n’est pas la place d'un élève de l'Ecole Militaire, ni d'un gentilhomme qui ne doit pas faire d'autre métier que de servir le Roi. L’amour propre et le sentiment s'accordent à ces raisons et aux préjuges de la nation; mais la nécessité rie connaît de loi que des moyens bonne tes pour parvenir à se procurer un emploi qui puisse faire sur son maître sans être continuellement a charge de ses amis et amies. Voilà, Madame, ce qui agite mon imagination; car enfin depuis plus de douze ans, Monsieur de Beauharnais et vous, avez fourni la vie et le vêtement à trois personnes sans autre espoir que d'être toujours partager vos revenus avec l'humanité affligée. Je ne suis pas plus heureuse qu'il y a douze ans et j'ai attrapé des années et des infirmités de plus. Si ce que je propose est praticable sans déroger aux sentiments d'honneur, tant mieux; si au contraire il ne vous convie pas, prenez que je n'ai rien dit. Je ne veux penser que d'après Monsieur le Marquis et vous sur mon sort et sur celui de mon fils. Je souhaite que sa santé le mette à portée de faire son chemin dans quelqu'état qu'il l'embrasse. Je serais pourtant fâchée qu’il embarquât: sa garde-robe en linge est trop médiocre et sa santé bien délicate. Enfin, le tout à la garde de Dieu. Je le prie qu'il se rende favorable à mes vœux surtout pour l'arrivée de Monsieur votre frère. Que je désire fort, Mon Dieu, Madame, qu'il me tarde de le savoir auprès de vous et que j'aurais plaisir de faire sa connaissance et celle de sa chère fille ainsi que l'avantage de vous revoir encore une fois et ce cher bon ami que je meurs d'envie d'embrasser me rende heureuse par avance. Votre présence fera le reste pour ma santé qui n'est pas absolument mauvaise. J'ai cependant depuis plusieurs années un goitre au côté droit du cou qui a grossi prodigieusement cette année. J'espère que quelque matin il m'étouffera; j'ai fait quelques remèdes cet été qui n'ont pas opéré et qui m'ont fait beaucoup souffrir: aussi les ai-je quittés. Mon médecin et non esculape prétendent que c'est un nerf qui s'est relâché et qu'il s'est fait un recroissement de chair, par conséquent: point de guérison. Je vivrai avec mes maux comme avec mon infortune. Si vous venez à la foire, je vous prierai, Madame, de m'apporter une boite de pilules de Belloste. J'attends tout de leur bienfaisance. Adieu, Madame. Je vous embrasse et suis pour la vie avec un attachement inviolable, Madame,

Votre très humble et très obéissante servante

S/ Lamayrie-Faverolle

J'appris, il y a deux jours, qu'un vieux monsieur qui n'est pas d'ici a acheté la maison des héritiers de Monsieur Germonière à vie. Il a donné 6000 florins et cent louis de pot de vin; il est très riche, dit-on; il a épousé la sœur de Monsieur de P... qui a demeuré dans la maison de Monsieur de Saint-Michel. Il dit hautement: j'ai
été marié le Mardi, grondé le Mercredi, battu le Jeudi et séparé le Vendredi. Voilà la nouvelle du jour. Il fait une pension honnête à sa femme.

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