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IDENTIFICATION LETTRE : 38

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Portefeuille : VI    
Lieu :
Expéditeur : Comte de Seyssel  
Destinataire :
Date républicaine :  
Date grégorienne : 2 juin 1779
 
Mon malheureux frère passe en France, Mon Aimable Cousine, pour implorer les bontés du Ministre à l'occasion de son mariage qui, comme vous savez, a bien mal tourné.

Comme il sera à même de vous en faire le détail, je me bornerai à vous dire que s'il n'obtient pas ce qu'il espère il sera obligé de donner cent-mille livres pour sauver l'honneur de son beau-père. Il part avec les plus grandes recommandations de Monsieur le Général et Intendant. Il compte aussi beaucoup sur les bontés de Monsieur d'Ennery. Je suis fâché, Mon Aimable Cousine, d'imaginer que vous ne serez pas à Paris lors de son arrivée. Je suis assuré d'avance que ses malheurs vous auraient intéressée; sa conduite dans cette affaire lui a fait le plus grand honneur et lui a acquis l'estime générale. Quoique je me trouve entrainé dans sa chute, cela n'empêche pas que j'aie pour lui tous les sentiments qu'il mérite. Si à votre retour à Paris son affaire n'est pas terminée ou que vous puissiez lui être utile par vos amis, je me flatte que vous ne lui refuserez pas cette marque de bonté. Enfin, Ma Chère Cousine, vous savez que c'est votre compère; ce titre joint a celui d'homme malheureux intéressera certainement un cœur aussi généreux que le vôtre. J'ai reçu, il y a huit jours, deux de vos lettres: une du 23 Décembre et une du 21 Février. Comme il est fort question des affaires de Monsieur Durand, je les lui ai communiquées. Il est très reconnaissant ainsi que moi des peines que vous vous êtes données et me parait fort satisfait de ce que vous ayiez bien voulu vous en charger. Il va écrire à Saint-Domingue pour avoir les pièces que vous demandez. Selon ce que vous me demandez, il parait qu'il n'y a encore rien de nouveau pour les colonies. Eh bien, je prendrai patience et je serai toujours reconnaissant de vos bonnes intentions pour moi. Je suis convaincu que vous saisirez l'occasion lorsqu'elle se présentera. S'il vous est possible de me faire avoir la majorité générale de Sainte-Lucie, cela me fera grand plaisir, serait-ce sans appointement. Je suis fort aise de ce que vous m'apprenez du généalogiste que vous avez déterré. J'ai reçu une lettre de l'abbé qui ne m'en dit rien. Je lui écris à ce sujet pour savoir ce qu'il en pense, mais je vous avoue que je ne puis rien dans ce moment ci. Vous devez en juger par ce que je vous mande à l'occasion de mon beau-frère. Vous ne me parlez pas, Mon Aimable Cousine, de l'affaire de Madame de F... comme nous en étions convenu pour vous payer en France. Où faut-il que je vous envoie de l'argent? Répondez-moi, je vous prie, le plus tôt possible afin que je puisse prendre mes arrangements, ne voulant point manquer à mes engagements. La colonie est réduite dans un si cruel état par les fourmis et la baisse des cafés qu'il n'est plus possible d'espérer augmenter sa fortune: ce qui me décide a vous prier de solliciter pour moi deux places à Saint-Cyr pour mes petites filles. Si vous pouvez les obtenir, j'irai moi-même les accompagner; j'y trouverais un double avantage, Mon Aimable Cousine, en ce que cela me procurera le plaisir de vous revoir. J'ai reçu une lettre de votre voisine; elle me fait part de toutes les bontés que vous avez
pour elle. Vous ne pouviez, Ma Chère Cousine, me donner une plus grande preuve de votre amitié et en même temps de la bonté de votre coeur. Je vous supplie de les lui continuer ainsi qu'à sa sœur; c'est une obligation de plus que je vous aurais. L'abbé me mande par sa lettre que le chevalier, son frère, est décide à passer ici avec Monsieur Audat: cette nouvelle me surprend et m'afflige beaucoup, ne pouvant rien faire pour lui puisque je n'ai point d'asile et que je vais avoir tout-à-l'heure quatre enfants sur les bras? et d'un autre côté, je ne vois pas de quelle utilité Monsieur Audat peut lui être. Je vous avoue franchement que ce sera arriver sous de bien mauvais auspices, car enfin, de quelles considérations jouit-il pour présentera quelqu'un qui vient chercher fortune? Tachez donc, Mon Aimable Cousine, de détourner ce voyage s'il n'est pas encore fait jusqu'à ce qu’il puisse avoir un emploi si les changements qu'on nous annonce ont lieu. Rien de nouveau dans vos affaires à ce que m'a dit le chevalier que npus avons eu ici avec Mademoiselle de la Pagerie qui est venue vous représenter pour la cérémonie du baptême de ma petite. Toute la famille se porte à merveille. J'ai vu Lapagerie à Sainte-Lucie, il relève d'une galle affreuse, mais il est assez bien portant actuellement. Je crois qu'il ne se décidera pas tout-à-l'heure au voyage en France; il dit pour ses raisons qu'il faut beaucoup d'argent et que c'est ce qui lui manque; il a cela de commun avec une foule d'honnêtes gens. J'ignore le parti qu'il prendra pour sa fille. Je lui ai annoncé que si il ne vous envoyait pas, j'en avais trois prêtes a faire le voyage.

Ainsi, Mon Aimable Cousine, vous voyez que voila plus de compagnes que vous n'en voudriez. La femme du Baron est enceinte; si elle fait une fille, il est juste qu'elle ait la préférence. Je finis, Mon Aimable, en vous embrassant de tout mon cœur; j'en fais autant au cher chevalier; témoignez-lui, je vous prie, l'intérêt que je prends à tout ce qui lui arrive d'heureux.

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