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IDENTIFICATION LETTRE : 356

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Portefeuille : I    
Lieu : Saint-Pierre (martinique)
Expéditeur : Baronne de Tascher de La Pagerie  
Destinataire : Charles de Tascher de La Pagerie
Date républicaine :  
Date grégorienne : 2 mai 1804
 
Ce sera, mon cher Fils, Messieurs Duclos et Drinot qui te remettront cette lettre. Ce sont deux jeunes officiers de marine remplis de mérite, de talent et bravoure et qui ont surtout bien prouvé cette dernière qualité dans la malheureuse affaire du brick Le Curieux qui fut dernièrement pris par les Anglais dans la rade de Fort-de-France.

Ils te diront, au vrai et avec détails, mon Cher Enfant, comment la chose s'est passée et tu verras combien les subalternes de ce bord ont été malheureux et maltraités par les ennemis. Du reste, tu connais ta maman ; tu sais qu'elle est chrétienne ; elle ne prétend nuire à personne ; mais elle désire toujours que le mérite soit reconnu et récompensé. Et c'est à cet effet, mon cher Charles, que je te recommande bien particulièrement les deux individus qui te remettront cette lettre., avec la prière de les recommander de notre part au Premier Consul, à ma chère nièce, sa digne épouse, avec prière instante de vouloir bien les récompenser, avancer au service sitôt qu'ils pourront reprendre leur service dans la marine ; c'est-à-dire sitôt qu'ils seront échangés.

Monsieur Duclos, mon Bon Fils, te remettra une de mes lettres d'ancienne date. Je la lui avais donnée lorsqu'il s'embarqua sur Le Curieux dans l'espoir que le brick ferait route pour la France ; et ce fut la veille du départ qu'il fut pris. Tu verras par cette dite lettre que Monsieur Duclos est le protégé de ton père et de ta tante Madame de La Pagerie. Ce sont eux qui l'ont fait taire officier. Je pense qu'il te portera des lettres d'eux. S'il en était autrement, c'est qu'il n'aurait pas eu le temps de les aller prendre car ils partent bien précipitamment sur les frégates La Didou ou La Cibelle qui, diton, sont arrivées à la Guadeloupe il y a six jours, et qui n'osent, ajoute t-on, venir dans cette île-ci à cause du blocus, dans la crainte d'être prises. Elles nous ont porté quatre cents hommes de troupe dont la moitié nous est arrivée sans danger. Fasse le Ciel que le reste nous arrive de même ; et, mon Cher Tascher, conçois-tu bien mon chagrin de ce que ces deux frégates qui, dit-on, ont porté deux malles de lettres n'en n'aient pas porté une seule à l'adresse de la famille Tascher de La Pagerie ? Tu ne pourras jamais te faire une idée du chagrin et des inquiétudes que me cause ce silence de vous tous. Quoi ? Depuis le 1er septembre, date de ta dernière lettre que j'ai reçue, à la fin de décembre, nous n'en n'avons pas eu d'autres et cela a été les premières et dernières nouvelles que nous avons eues de ta soeur depuis le 23 mai de l'année dernière où elle est partie de cette villeet rade de Saint-Pierre.

Oh, je t'avoue, mon cher Enfant, que cette privation est trop forte pour une mère aussi tendre et sensible que la tienne. De grâce, fais la donc cesser si tu ne veux pas apprendre que j'ai perdu la vie ou tout au moins la raison.

Je comptais, Cher Ami, charger ces deux messieurs de quelques petites bagatelles du pays pour ta cousine, sa fille et la mienne ; mais le départ a été devancé par l'arrivée des deux frégates. Ce sera par Monsieur Guignard, ou autres bonnes occasions, que ces chers individus les recevront.

Nos santés à tous, Cher Ami, sont passablement bonnes. Quant à notre position depuis la guerre, elle est des plus triste et malheureuse. Questionne ces Messieurs : ils te diront tout ce que nous avons à souffrir de ce blocus.

Embrasse pour nous, mon cher Charles, tes chers cousins, Eugène, tes frères, ta soeur et présente nos respectueux compliments et amitiés au Premier Consul. Témoigne lui bien, ainsi qu'à sa chère épouse, toute notre reconnaissance pour ce qu'ils font pour vous, mes chers enfants et nos recommandés.

Adieu. Je t'embrasse de tout mon coeur. C'est ta maman.

/S/ la Bonne de Tascher de La Pagerie

P. S. : Je te recommande les deux lettres ci-jointes. Fais les remettre à leurs adresses ou à la poste en ajoutant l'adresse de Monsieur Ferrière.

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