Accueil           Lettres       Généalogie      Histoire         Photos      Bibliographie 
 
   .: Vous êtes ici : Lettres > Recherche > Affichage de la lettre n°342
 


IDENTIFICATION LETTRE : 342

Classer la lettre Envoyer par E-mail Imprimer le document

Portefeuille : Hanoteau, P. 25 à 27    
Lieu : Paris
Expéditeur : Impératrice Joséphine  
Destinataire : Prince Eugène
Date républicaine :  
Date grégorienne : 13 février 1806
 
j'attendais avec bien de l'impatience de tes nouvelles, mon cher Eugène ; il n'y avait qu'une lettre de toi et la certitude que tu étais arrivé à Vérone en bonne santé qui pût diminuer un peu le regret que j'ai eu de me séparer de toi à Munich, après des moments de réunion si courts. Au moins le peu de jours que nous y avons passé ensemble ont-ils été marqués par une époque qui, je l'espère, influera d'une manière heureuse sur ta vie.

J'ai appris avec peine, à mon arrivée ici, qu'on avait été beaucoup plus loin qu'il ne convenait pour les dépenses relatives à ta maison ; elles montent à 1 500 000 livres, sans qu'elle soit encore finie. Lorsque l'Empereur l'a su, il a été très mécontent, a montré de l'humeur ; tu dois croire que je n'ai rien négligé pour diminuer l'impression que cela faisait sur lui, et je suis bien certaine de n'avoir dit que la vérité en l'assurant que cela était très éloigné de tes intentions, qu'étant absent depuis deux ans tu n'avais pu veiller toi-même à cet objet et que tu avais été obligé de t'en rapporter à ceux que tu en avais chargés, mais que tu serais certainement très mécontent en apprenant qu'on avait outrepassé tes ordres.

Je ne t'ai pas écrit plus tôt, mon cher fils, attendu que depuis mon retour j'ai mené la vie la plus fatigante possible ; jamais un moment à moi, me couchant fort tard et me levant de bonne heure. L'Empereur, qui est très fort, supporte très bien cette vie active, mais ma santé à moi en souffre un peu.

Ta soeur m'a fait bien de la peine à mon arrivée ; elle était d'une maigreur qui, toutes les fois que je la regardais, m'arrachait des larmes. Elle m'a dit que c'était le chagrin qu'elle avait éprouvé de n'avoir pu assister à ton mariage qui l'avait mis dans cet état ; maintenant elle se porte un peu mieux.

Je ne veux pas finir ma lettre sans t'apprendre une nouvelle qui te fera sans doute plaisir, mais tu dois encore l'ignorer jusqu'à ce que l'Empereur t'en fasse part : c'est le mariage de la petite Beauharnais avec le prince électoral de Bade ; la demande a été faite hier par des ambassadeurs. L'Empereur la reconnaît comme sa fille et la déclare princesse. Le mariage se fera, à ce qu'on dit, le 15 u mois prochain.

J'ai arrêté pour ta femme une bonne femme de chambre, un valet de chambre-coiffeur, très bon sujet. Duplan m'en a répondu. La corbeille et toutes les modes sont superbes ; tous ces objets partiront à la fin de la semaine prochaine.

Adieu, mon cher Eugne, je pense avec plaisir que nous ne serons pas très longtemps sans nous revoir encore ; j'en aurai beaucoup à me réunir à toi et à ma belle-fille au mois de mai et les moments que nous passerons ensemble me paraîtront toujours trop courts. Je t'embrasse, mon ami, de toute la tendresse de mon coeur. Mande-moi, mon Eugène, si tu es heureux : tu mérites tant de l'être !

Joséphine.

[Haut de la page]
 
 
 
 
 
Mot de passe oublié ?
Nouveau membre ?
 



 

Récital Mercredi 5 Octobre 2011 Institut de France et l'Abeille au Service du Patrimoine au sein de la Fondation Dosne-Thiers

Messe à Rueil-Malmaison lundi 30 mai 2011 à 19H

 

 
Désinscription [?]
 

 

Découvrez dans la boutique :
La boutique du site
et bien d'autres livres...