Accueil           Lettres       Généalogie      Histoire         Photos      Bibliographie 
 
   .: Vous êtes ici : Lettres > Recherche > Affichage de la lettre n°332
 


IDENTIFICATION LETTRE : 332

Classer la lettre Envoyer par E-mail Imprimer le document

Portefeuille : Hanoteau, P. 104 à 1    
Lieu : Milan
Expéditeur : Impératrice Joséphine  
Destinataire : Prince Eugène
Date républicaine :  
Date grégorienne : 1er août, à 6 heures du soir 1812
 
Je t'ai écrit deux fois hier, mon cher Eugène. Aujourd'hui je profite du départ de l'écuyer qui se rend près de toi.

Auguste continue à être parfaitement bien. Elle a dormi toute cette nuit ; la fièvre de lait ne paraît pas encore et tout annonce qu'elle ne sera pas forte. Ta fille est superbe et si tu regrettais de n'avoir pas eu de fils, je t'assure que tu seras bien dédommagé quand tu la verras : il est impossible de donner de plus belles espérances pour la figure et pour la force. Je t'ai dit qu'Auguste n'avait eu que quelques heures de grandes douleurs. La veille, elle en avait ressenti les premières dans la journée, mais qui n'avaient pas été assez fortes pour l'empêcher de dîner avec moi et d'aller ensuite nous promener en calèche.

A minuit, les douleurs ont augmenté et, dès ce moment, je me suis établie près d'elle. Mme de Litta et Mme de Wurmbs sont restées et ne l'ont pas quittée.

La sage-femme, dès les premières douleurs, s'était rendue près d'elle ; j'envoyai chercher Locatelli et Scarpa ; ils coyaient que l'accouchement n'aurait pas lieu avant neuf heures du matin.

mais, tout à coup, les souffrances augmentèrent et Auguste venait d'accoucher lorsque le duc de Lodi et les personnes qui avaient été prévenues arrivèrent. Chère et bonne Auguste, comme elle t'aime ! Au milieu des plus fortes douleurs, elle ne cessait de t'appeler et de pleurer de ce que tu n'étais pas auprès d'elle. Bien touchée moi-même de ses souffrances, j'ai fait de mon mieux pour la calmer. Enfin, entre quatre et cinq heures, ta fille est venue au monde. Il n'y a pas eu un seul moment de crainte ; tout s'est passé aussi bien qu'on pouvait le désirer. A cinq heures j'ai été me coucher, fatiguée mais contente et heureuse.

Ta fille a été ondoyée hier dans la soirée. Elle n'a pas la nourrice qu'on avait arrêtée ; lorsqu'on a été la chercher, il y avait quatre jours qu'elle avait la fièvre ; heureusement qu'on en a trouvé une autre ; je l'ai vue, elle a l'air de la santé, les dents très belles ; les médecins ont trouvé son lait très bon ; son enfant, qui a deux mois, est fort et bien vivant. Cependant on a cru devoir cacher à Auguste ce petit incident.

Tu vois, mon cher fils, que tout va bien et que tu dois être entièrement tranquille, car je le suis moi-même. Je n'ai plus d'inquiétude que pour toi seul ; je pense sans cesse aux dangers auxquels tu es exposé : n'oublie pas que notre existence est inséparable de la tienne.

Je suis de plus en plus enchantée de tes enfants ; ton fils est très fort, très gai et très doux ; nous sommes maintenant fort bien ensemble. Hier, après t'avoir écrit ma lettre du soir, je la lui ai donnée pour la remettre à l'écuyer et je lui ai dit que c'était pour Papa ; il a baisé la lettre et l'a portée à l'écuyer. Joséphine a eu un moment de sensibilité qui m'a fait plaisir ; elle s'est mise à pleurer lorsqu'ayant demandé à voir sa mère, on le lui a refusé ; il a fallu pour la consoler, la mener à sa mère. Tu seras heureux par tes enfants, mon cher Eugène ; tu le mérites ; les bons fils doivent être d'heureux pères.

Adieu, je t'aime et t'embrasse tendrement.

Joséphine.

[Haut de la page]
 
 
 
 
 
Mot de passe oublié ?
Nouveau membre ?
 



 

Récital Mercredi 5 Octobre 2011 Institut de France et l'Abeille au Service du Patrimoine au sein de la Fondation Dosne-Thiers

Messe à Rueil-Malmaison lundi 30 mai 2011 à 19H

 

 
Désinscription [?]
 

 

Découvrez dans la boutique :
La boutique du site
et bien d'autres livres...