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IDENTIFICATION LETTRE : 316

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Portefeuille : Hanoteau, P. 80 à 82    
Lieu : Malmaison
Expéditeur : Impératrice Joséphine  
Destinataire : Prince Eugène
Date républicaine :  
Date grégorienne : 19 novembre 1810
 
J'ai différé de t'écrire, mon cher Eugène. J'attendais une occasion sûre et je profite aujourd'hui du départ du trésorier de la Couronne d'Italie pour te donner quelques détails sur ma position. Tu connais la lettre que j'ai écrite à l'Empereur ; je t'en ai envoyé copie ; j'ai reçu sa réponse à mon retour de la Suisse à Sécheron. Il me laisse entièrement libre sur le choix de mon séjour. Seulement il regarde Navarre et Milan comme les lieux les plus convenables. C'est à Milan que j'aurais donné la préférence. Tu sais combien je désirais aller passer quelques mois auprès de toi, mais tu n'imagines pas tous les bruits qu'on a répandus à ce sujet : on a prétendu que j'avais reçu l'ordre d'aller en Italie et que je ne reviendrais plus en France. L'inquiétude avait gagné jusqu'aux personnes de ma maison. Toutes craignaient un voyage qui ne devait plus avoir de terme. J'ai été donc obligée de renoncer à ce qui m'aurait été le plus doux et à ne pas quitter la France, au moins cette année.

Il paraît que l'Impératrice Marie-Louise n'a pas parlé de moi et qu'elle n'a aucun désir de me voir. En cela nous sommes parfaitement d'accord et je n'aurais consenti à la voir que pour plaire à l'Empereur. Il paraîtrait même qu'elle a pour moi plus que de l'éloignement, et je n'en vois pas la raison, car elle ne me connaît que par le grand sacrifice que je lui ai fait. Je désire comme elle le bonheur de l'Empereur et ce sentiment devrait la rapprocher de moi. Mais rien de tout cela n'influera sur ma conduite. Je me suis tracé la ligne que je dois suivre et je ne m'en écarterai pas : c'est de vivre éloignée de tout dans la retraite, mais avec dignité et sans rien demander que le repos. Les arts et la botanique seront mes occupations. L'été, j'irai aux eaux, et, pour me rapprocher de toi, je viens d'acheter une jolie campagne sur les bords du lac de Genève et pour le prix de 165 000 francs. Je passerai cet hiver à Navarre où je me rendrai cette semaine. Le peu de jours que je suis restée à Malmaison m'était nécessaire pour me reposer après mon voyage de Suisse. J'y ai vu peu de monde. Les personnes qui, dans d'autres temps, avaient paru m'être très attachées, ne m'ont pas toutes donné des preuves de souvenir. Je leur pardonne de bon coeur. Je ne me rappelle que de ceux qui ne m'ont pas oubliée et je ne pense pas aux autres. Je saurai, j'espère, trouver le bonheur autour de moi et dans la tendresse de mes enfants, car je suis sûre que mon cher Eugène m'aimera toujours comme je l'aime.

Je n'avais pas dit à M. ? (de Ramberg ou d'Arenberg) ce dont tu me parles dans ta lettre ; il faut qu'il se soit mal expliqué, car je suis bien convaincue que tu ne m'écris rien que d'après ton coeur et ce que tu juges le plus avantageux pour moi.

Le général Bertrand m'a dit qu'il devait t'écrire, pour te prier d'être parrain de l'enfant dont sa femme vient d'accoucher. Je l'ai assuré que tu lui donnerais avec plaisir cette marque de ton attachement pour lui. Adieu, mon cher fils, j'embrasse Auguste et mes petites-filles et je t'aime tendrement.

Joséphine

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