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IDENTIFICATION LETTRE : 309

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Portefeuille : Hanoteau, P. 58 à 60    
Lieu : Paris
Expéditeur : Impératrice Joséphine  
Destinataire : Prince Eugène
Date républicaine :  
Date grégorienne : 2 janvier 1809
 
J'ai écrit hier à Auguste, mon cher Eugène. Aujourd'hui je profite de l'occasion de Méjean. J'ai beaucoup causé avec lui de ma position ; elle est bien changée depuis le premier voyage que Murat a fait en Espagne où le voile qui couvrait les yeux de l'Empereur est tombé. Cette famille déteste bien la mienne, malgré que je ne lui aie fait que du bien. Il a ici quelques amis chauds et tous les évènements qui ont eu lieu depuis plus d'un an m'ont fait connaître bien des choses et bien des gens. Je garde sur tout cela le plus grand silence et, dans ma position, on est souvent obligé de vivre avec ses ennemis, mais il est toujours bon de les connaître.

Je ne mêle de rien, je ne demande rien et je n'ai d'autre désir que de te voir de temps en temps. J'ai lieu de m'applaudir de ma conduite. L'Empereur est parfait pour moi ; je n'ai qu'à me louer de sa confiance et de son attachement. Il me donne très souvent de ses nouvelles. Je n'ai plus d'autre sujet de peine que la position d'Hortense qui est vraiment malheureuse.

Quant à mes dettes, j'ai pris de nouveaux moyens d'ordre et d'économie dont j'espère beaucoup; ils commencent avec l'année : ce sont des étrennes peu agréables, mais Auguste m'en a donné de très bonnes. Je sais que tu aurais préféré un garçon, mais il arrivera au plus tard dans dix-huit mois. En l'attendant je reçois avec plaisir la petite-fille que tu me donnes ; tout ce qui me vient de toi me sera toujours cher.

Il m'aurait été bien doux de te voir dans le courant de l'année dernière ; il y a bien longtemps que je suis séparée de toi, mon cher Eugène, mais j'aime à croire que l'Empereur te permettra cette année de venir faire un petit voyage à Paris. Je viens de recevoir une lettre de lui ; il me mande, en date du 22, qu'il marchait contre les Anglais. Il paraît qu'ils sont en force près de Valadolid et qu'ils ont entièrement quitté le Portugal ; cela m'inquiète un peu, je ne serai heureuse que lorsque j'apprendrai le résultat de cette nouvelle.

Adieu, mon bon Eugène, continue à me donner des nouvelles d'Auguste. Je t'embrasse tendrement.

Joséphine.

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