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IDENTIFICATION LETTRE : 288

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Portefeuille : Hanoteau, pages 5 à    
Lieu : Plombières
Expéditeur : Impératrice Joséphine  
Destinataire : Prince Eugène
Date républicaine : 18 thermidor 
Date grégorienne : 6 août 1805
 
Non, mon cher Eugène, je ne t'oublie pas, car je suis sans cesse occupée de toi, de ce que tu fais, de tes plaisirs, mais surtout de tes peines, et je t'assure que, lorsque j'apprends que tu éprouves quelques contrariétés, j'en suis plus affectée que toi ; l'Empereur m'a paru toujours content de toi ; il a seulement été un peu fâché de ce que tu avais fait venir un homme qui avait tenu des propos ; il dit, et avec raison, que tu aurais dû le faire tancer par le ministre de la Police et qu'il n'était pas de ta dignité de le faire venir chez toi, mais il a dit que c'était d'un jeune homme et d'un jeune homme qui avait de l'honneur. Je serais curieuse de savoir par qui il a su cela. Au reste, il connaît ton dévouement pour lui et ton attachement et il t'aime bien.

Il n'en est pas de même de la famille ; elle a vu avec le plus grand chagrin ta nomination. Murat fait toujours le courtisan ; sa femme a été malade ; il y paraît car elle est bien changée ; elle a conservé cet air qu'elle appelle dignité (que je nomme, moi, composé) qui ne lui réussit pas du tout. Tout ce monde-là a bien tort de ne pas nous aimer. S'ils voulaient être bonnes gens, ils n'auraient pas de meilleurs amis que nous.

L'Empereur est toujours bien aimable pour moi ; je fais aussi tout ce qu'il dépend de moi pour faire tout ce qui lui est agréable : plus de jalousie, mon cher Eugène, et ce que je te dis là est bien vrai. Aussi est-il plus heureux et moi plus heureuse aussi.

Je ne puis te rien dire sur les nouvelles politiques ; c'est un mystère que l'Empereur ne laisse jamais pénétrer. Il est dans ce moment-ci à Boulogne. Tout ce que je sais, c'est qu'il attend depuis huit jours un convoi qui devait décider de son départ.

Tu sais, sans doute, que le mariage du prince de Bade est rompu, ce qui donne de grandes espérances pour la personne que tu connais ; j'ai vu son portrait : on est pas plus belle.

Ta soeur se porte bien ainsi que ses enfants : j'avais avec moi à Saint-Cloud le second qui est bien beau ; Louis est toujours dans le même état.

Il me tarde bien, mon cher Eugène, d'être au milieu de l'hiver. C'est l'époque où tu m'as promis de venir me voir. Combien ta mère sera heureuse... Tu sauras, mon cher fils, que je gémis toujours d'être séparée de toi, et que mes yeux sont toujours remplis de larmes, toutes les fois que je pense à toi ou qu'on me parle de toi. Si je ne t'ai point écrit depuis mon arrivée, j'ai été bien fatiguée et bien tourmentée par des visites. D'ailleurs, il n'y avait rien de nouveau. Je t'écrirai maintenant toutes les semaines. Je suis convenue avec Lavallette de lui envoyer mes lettres.

Adieu, mon bon Eugène, le plus tendre des fils ; ta mère t'embrasse de tout son coeur et t'aime à la folie.

Mille choses aimables à Mme Litta et à Méjean.

Joséphine

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