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IDENTIFICATION LETTRE : 287

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Portefeuille : I    
Lieu : à Saint-Pierre (Martinique)
Expéditeur : Baronne de Tascher de La Pagerie  
Destinataire : Charles et Henri de Tascher de La Pagerie
Date républicaine :  
Date grégorienne : 22 novembre 1802
 
Je m'empresserai toujours, Mes Chers Enfants, de profiter de toutes les occasions qui partiront de cette île pour la France pour vous donner de nos nouvelles ; et rappelez vous bien tous que j'exige de vous la même preuve de tendresse et de souvenir. J'ai le doux espoir, Mes Chers Enfants, aîné et cadet, de vous croire à Paris dans les bras d'une bonne parente qui, bien assurément, vous tiendra lieu de moi, et le Premier Consul, son digne époux, de votre père. Là-dessus ma confiance est telle en eux que je n'ai ni n'aurai jamais les plus inquiétudes pour vous tous ; et c'est, Mes Chers Amis, le suel motif qui me fait supporter avec courage et résignation votre éloignement d'auprès de moi. J'attends avec la plus vive impatience de vos nouvelles. De grâce, donnez m'en et donnez m'en souvent. Vous me devez ce dédommagement par ma tendresse pour vous tous qui ne finira qu'avec mon existence.

Vous recevrez encore cette lettre, Mes Chers Fils, Charles et Henri, avant que votre troisième frère, Louis, soit près de vous. Il est parti d'ici sur le vaisseau Le Berwick le 25 octobre dernier ; et comme il passe par la Méditerranée il ne sera auprès de vous deux qu'en janvier prochain ; et ce sera sûrement avec étonnement que vous verrez avec lui Monsieur et Madame de Saint-Sauvin et leur fils. Une lettre de moi qu'ils vous remettront vous mettra au fait de ce qui les concerne et nous intéresse tous dans cette colonie car vous savez qu'ils jouissent de l'estime, et le mari de la confiance générale. De grâce, Mes Chers Enfants, rappelez vous toujours que sans ce digne homme et Monsieur Regnaudin que votre oncle (mon frère) aurait été pendu pour affaire d'opinion en 96. Ainsi donc, Mes Chers Enfants, rendons tant que nous le pourrons le bien pour le bien et même le bien pour le mal : c'est votre maman qui vous fait cette leçon et vous savez que c'est bien là son principe et celui de votre digne père qui enfin, Mes Chers Enfants, est débarrassé de son attaque de goutte qui a duré cette fois quatre-vingt-seize jours sans relâche.

J'ai reçu ce matin une lettre de lui du Fort-de-France où il s'est rendu pour voir le capitaine-général et Jérôme Bonaparte qui dans ce moment est ici et partira après-demain pour aller à Tobago et s'en revenir de suite. C'est en vérité un charmant enfant, bon, honnête, doux, sans air ni manières. Il se fait aimer et estimer par tous ceux qui le connaissent ; il a la bonté de me témoigner beaucoup d'affection et de confiance ; il m'appelle sa bonne-maman ; et je vous jure bien que j'en éprouve bien le sentiment pour lui et tacherai pendant le séjour qu'il fera ici de lui rendre tout ce que son digne frère fera pour vous, Mes Chers Enfants ; et j'ose espérer qu'il sera dans le cas de lui en rendre témoignage. Voyez sa maman, Madame Bonaparte ; faites lui mes sincères compliments et dites lui ce que je vous dis de son cher fils et combien je suis résolue de lui tenir lieu d'elle pendant son séjour dans cette île. Il se porte fort bien, se plaît dans cette ville et vient me voir tous les matins. Je pense qu'il lui écrit par cette voie.

Stéphanie et Numa vous embrassent et se portent bien. La famille aux Trois-Ilets, comme ici et à Fort-de-France, se porte de même. Si l'ami La Boissière est encore à Paris, faites lui nos compliments affectueux.

Adieu, Mes Chers Enfants. Je vous quitte pour vous rendre au chevet d'un jeune officier du (...) qu'il affectionne et qui est pris de cette cruelle maladie qui, comme une vraie peste, détruit tous les malheureux Européens, militaires et bourgeois, ici comme au Fort-de-France et aussi à la Guadeloupe depuis six mois. (...) de me le confier. Je l'ai logé près de chez moi ; et la bonne Madame Duplessis et moi lui portons nos soins avec désir et espoir de le sauver.

Adieu. Je vous embrasse comme je vous aime et suis votre tendre maman et vraie amie

/ S / la Bonne. de Tascher

P. S. : La nourrice ne prétend pas être oubliée de même que les Abbés et Madame Duplessis et Madame D...

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