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IDENTIFICATION LETTRE : 236

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Portefeuille : E    
Lieu : Milan
Expéditeur : Méjan  
Destinataire : Comte de Tascher de la Pagerie
Date républicaine :  
Date grégorienne : 24 avril 1809
 
Monsieur le Comte,

Depuis mon retour de Paris, je ne vous ai point donné de nouvelles de notre Prince. J'ai su qu'il vous en donnait lui-même et je n'ai pas voulu vous fatiguer d'une correspondance qui aurait été pour vous sans intérêt.

Il ne peut plus en être ainsi aujourd'hui. Les circonstances extraordinaires dans lesquelles nous nous trouvons vous feront trouver bonnes, j'en suis sûr, toutes les lettres qui auront le Prince pour objet. J'écris donc d'abord pour vous et, puis-je vous l'avouer, un peu pour moi car j'éprouve le besoin de parler de S.A.I. avec ceux qu'il aime et qui l'aiment.

Vous savez les résultats malheureux de la journée du 16. Ils ont eu pour cause principale la conviction où tout le monde était -même à Paris - que la guerre ne commencerait pas si tôt.

Le Prince a été profondément affecté, et peut-être trop affecté de ce premier revers. Il avait tant de motifs de désirer un succès, et tant de raisons de l'espérer.

Heureusement, les Autrichiens n'ont pas poursuivi leurs avantages aussi rapidement qu'il y avait lieu de le craindre. Nous avons ainsi gagné du temps. Le Prince en a profité pour réorganiser son armée, pour en refaire l'esprit qui, il faut vous le dire, avait été un peu altéré.

Il n'a pas cru que la position qu'il avait conservée sur la Piave fut tenable et cette opinion était celle de tous les militaires. Il a donc rassemblé son armée sur l'Adige et l'y voilà bien disposée à ce qu'on m'assure à défendre vaillamment cette ligne si elle était attaquée.

Les Autrichiens ont passé la Piave et marchent en avant sur trois colonnes. Leur marche sera, je l'espère, un peu lente. Les pluies qui nous inondent depuis quelques jours leur apporteront plus d'un obstacle. C'est beaucoup pour nous de gagner un peu de temps, d'abord parce que notre armée ne sera que mieux disposée, et puis parce qu'il est vraisemblable qu'il nous arrivera des nouvelles de la Grande Armée qui suffiront peut-être seules pour arrêter la marche des Autrichiens.

En attendant, j'ai de très bonnes nouvelles de la santé du Prince. Je ne vous dis pas tout ce que je souffre d'être en ce moment éloigné de lui ; mais il a fixé mon poste à Milan et j'y reste.

Vous voyez, Monsieur le Comte, que je ne vous donne pas de nouvelles directes du quartier-général ; mais j'en reçois assez souvent pour pouvoir, si celà vous est agréable, suppléer au silence que le Prince pourrait se trouver forcé de garder avec vous.

Ici, l'esprit public est toujours bon. Jamais je n'ai mieux vu que dans cette circonstance combien le Prince y est estimé et aimé.

La Princesse est un ange. Elle conserve la calme apparent que sa situation exige. Ses chagrins, et elle en a éprouvé, ont toujours été pour elle seule.

Je suis bien aise que Macdonald soit arrivé. Je n'ai vu dans aucun militaire aucune confiance dans Baraguy d'Hilliers. Peut-être on est injuste ; mais à l'armée il ne suffit pas d'être brave et sage ; il faut avoir la réputation d'être l'un et l'autre.

Me permettez-vous, Monsieur le Comte, de vous prier de faire parvenir à ma femme un petit mot qui a pour objet de lui donner des nouvelles de ses deux enfants. Je crains qu'elle ne soit inquiète sur leur compte.

Recevez, Monsieur le Comte, les assurances de ma considération distinguée et de mon inviolable attachement.

/ S / Méjan.

P. S. : Je reçois tous mes journaux par l'estafette, excepté le Journal de l'Empire qui m'arrive, je ne sais pourquoi, par la poste ordinaire. Ce journal est presque toujours le plus tôt instruit. J'aurais donc grand besoin qu'il arriva aussi vite que les autres. Me pardonnerez-vous de vous prier de vouloir bien me donner un ordre pour celà.

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