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IDENTIFICATION LETTRE : 223

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Portefeuille : I    
Lieu : Saint-Pierre (Martinique)
Expéditeur : Baronne de Tascher de La Pagerie  
Destinataire : Louis de Tascher de La Pagerie
Date républicaine :  
Date grégorienne : 5 décembre 1808
 
Il se présente, Mon Cher Fils, l'occasion de te faire passer le duplicata de ma lettre du mois de septembre dernier et j'en profite pour causer encore avec toi et te prouver toujours tendresse et souvenir qui n'auront de terme que celui de mon existence et même au-delà si c'est encore possible.

Depuis ta lettre du 1 avril, je suis sans nouvelle de vous, Mes Chers Enfants ; et la poitique sur le Portugal et l'Espagne se soutenant toujours alarmante et même effrayante, tu conçois tout ce que j'ai à souffrir comme mère tendre de cette privation de vos nouvelles. Fais-toi une idée de ma pénible position à ce sujet si tu le peux, car pour moi il est impossible de te la peindre. Notre langue ne fournit pas d'expression assez forte et dont je pourrais me servir pour te rendre les soucis et inquiétudes que j'éprouve quand je pense qu'en juin dernier toi et Henri étaient en Espagne. Sans notre sainte religion, Mon Cher Louis, je n'aurais même pas la force de te tracer ces lignes. Oui, Dieu seul me soutient ; je l'en bénis et Lui fais des voeux continuels et bien ardents pour qu'il ne nous arrive aucun accident et en avoir bientôt la certitude par une lettre d'un de vous quatre qui me dise que vous existez et en bonne santé. Alors, je respirerai ; j'essuierai mes larmes et rendrai grâce à Dieu de tout mon coeur.

Nos santés sont les mêmes qu'en septembre dernier ; mais nos maux et malheurs augmentent chaque jour par un blocus des plus stricts de 20 ou 25 bâtiments ennemis qui environnent cette pauvre colonie et n'y laissent rien entrer ni sortir. Je doute même que ma lettre puisse te parvenir ; mais, Cher Enfant, je me soulage en t'écrivant. C'est un besoin de mon coeur de faire passer dans le tien tout ce qu'il éprouve de tendresse et de sollicitude pour un fils tel que toi que j'aime plus que moi-même.

Adieu, Mon Bon et Cher Fils. Nous t'embrassons bien tendrement ; nos amis, amies et connaissances et la bonne nourrice te font amitiés. Pense souvent à Dieu, Mon Fils. Confie-toi en Lui, recours à Lui en tout et sur tout et sois bien persuadé qu'il ne t'abandonnera pas.

Adieu. Je te bénis en son nom. Je te recommande sans cesse à Lui et à sa Sainte Mère. Adieu. C'est ta tendre maman.

/ S / La Bonne. Tascher de Lapagerie

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