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IDENTIFICATION LETTRE : 217

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Portefeuille : VI    
Lieu : Trois-Ilets
Expéditeur : Mme de La Pagerie, Mère de Joséphine  
Destinataire : Impératrice Joséphine
Date républicaine :  
Date grégorienne : 21 mars 1806
 
Dans la dernière lettre que j'ai eu le plaisir de Vous écrire, Ma Chère Fille, je vous ai parlé des mesures que le Général de Villaret s'est trouvé dans la nécessité de prendre pour l'ordre, et pour tranquiliser les esprits qui commençaient à s'inquiéter par la conduite du préfet qui, quoiqu'excellent administrateur, n'est pas assez pénétré des connaissances du pays et de la manière dont les habitants doivent être traités pour obtenir d'eux, par la douceur, ce qu'on ne pourrait leur arracher par une fermeté mal entendue. Je Vous le répète encore : le créole est bon, mais il ne faut pas l'aigrir par des menaces. Le Général Villaret, qui s'est longtemps exercé à étudier l'esprit colonial, a fait une heureuse application de ses connaissances acquises sur notre pays qui a le bonheur d'être gouverné par lui depuis près de quatre ans. Il n'a pu se dispenser de faire ses observations au préfet sur le danger des mesures précipitées, sur l'inconvénient qu'il y avait à en prendre de majeures, de ne point s'aider des lumières des anciens habitants qui réunissaient à la fois l'estime de leurs concitoyens, la probité et l'usage des affaires. Ces représentations, toutes sages et justes qu'elles étaient, au lieu d'être appréciées par Monsieur de Laussat, l'irritèrent, voulant tirer tout de son propre fond. Une espèce de lutte s'établit entre lui et le Général et celui-ci ne put s'empêcher de prendre sur lui de lui interdire l'exercice de certaines attributions (le culte et la police) : les esprits qui commençaient à s'irriter au sujet des prêtres qui se plaignaient amèrement. La guerre nécessitant une surveillance active dans toutes les parties de l'Ile exigèrent du Général cette mesure impérieuse dans ces circonstances. Voilà ce qui est à ma connaissance, et ce qui m'est revenu des personnes à même de juger et de suivre dans leur conduite les chefs qui nous gouvernent. Plus je vois le Général dans son intérieur, plus je suis sa conduite dans les affaires les plus importantes par les rapports qu'on m'en fait ; plus je le vois homme de bien, gouverneur éclairé qui sait ce qu'il faut aux gouvernés et l'adresse et la générosité dont il est nécessaire d'user avec son ennemi. Nous en avons éprouvé les heureux effets dans les moments difficiles où s'est trouvée la colonie lorsqu'elle fut menacée et qu'elle manquait de tout. J'oserais supplier l'Empereur en mon nom et en celui de tous nos concitoyens de nous consever un tel chef, ou de lui faire succéder celui qui a été son disciple, son ami, son frère enfin, le Général Joyeuse, général de brigade d'artillerie, qui a acquis confiance, estime et respect de toute la colonie et qui est bien pénétré des principes de son frère dont nous n'avons qu'à nous féliciter. Je ne demande que cette grâce à l'Empereur ; et c'est au nom d'un pays où tous les bienfaits de Sa Majesté sont reçus avec toute la reconnaissance possible des sujets qui sont dignes et de Sa bienveillance et de Sa protection particulière.


Adieu, Ma Chère Fille. Je Vous embrasse du meilleur de mon coeur ainsi que mes chers petits-enfants. Présentez mes respects à Votre illustre époux.

/ S / Sanois La Pagerie

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