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IDENTIFICATION LETTRE : 147

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Portefeuille : I    
Lieu : Saint-Pierre (Martinique)
Expéditeur : Baronne de Tascher de La Pagerie  
Destinataire : Impératrice Joséphine
Date républicaine :  
Date grégorienne : 22 novembre 1802
 
Je croirai manquer, Ma Chère Nièce, aux sentiments que je vous dois si je laissais échapper une seule occasion de vous les témoigner en vous prouvant mon souvenir et vous demandant de vos nouvelles. Jérôme Bonaparte (votre beau-frère), arrivé ici dans les premiers jours de ce mois, nous a assurés qu'elles étaient bonnes ainsi que de tout ce qui vous intéresse à Paris ; et nous l'avons appris avec plaisir et le désirons pour qu'il en soit toujours de même.

Ci-joint, Ma Chère Nièce, une lettre que je prends la liberté de mettre sous votre couvert pour mes deux fils Charles et Henri que j'ai l'espoir d'être près de vous. Je croirais vous moquer si je vous les recommandais davantage. Ma confiance en vous et votre digne époux est telle que je n'ai pas la plus petite inquiétude sur leur compte et qu'au printemps prochain je vous enverrai votre filleule (notre chère Stéphanie) et mon quatrième fils avec cette même confiance que vous ferez pour eux comme pour vos propres enfants ; et j'ose espérer qu'ils mériteront de vous ces sentiments d'attachement et de bienveillance que vous voulez bien leur accorder, puisque c'est vous qui les avez demandés.

Vous ne tarderez pas, après avoir reçu cette lettre, de recevoir notre troisième fils, Louis, que nous avons chargé nos alliés et amis, Monsieur et Madame Gallet-Saint-Auvin, de vous conduire. Ils sont partis d'ici le 25 octobre dernier sur le vaisseau le Berwick, pour Toulon. Il sera près de vous en janvier prochain au plus tard.

C'est avec infiniment de plaisir, Ma Cère Nièce, que je vous annonce pour la seconde fois l'arrivée ici de Monsieur Jérôme Bonaparte (votre beau-frère) sur le brick l'Epervier. En arrivant ici, l'Amiral Villeneuve l'a fait lieutenant de vaisseau et lui a donné le commandement du brick. Il est depuis quinze jours dans cette ville et se porte fort bien malgré une espèce de peste qui règne dans nos deux villes comme elle a régné pendant six mois à la Guadeloupe sur les malheureux Européens, militaires comme bourgeois. C'est vraiment une vraie désolation de voir périr ces malheureux sans pouvoir encore trouver un remède pour s'opposer à ce mal. Il s'en réchappe cependant à force de soins ; mais sur cent, un ou deux tout au plus. Je crois Jérôme, Ma Bonne Amie, à l'abri de cette épidémie par son physique ; il n'a ni trop d'embonpoint, ni trop de sang : il est de Corse qui est un climat chaud ; il a déjà fait plusieurs voyages à Saint-Domingue. S'il se ménage comme je le lui prêche bien chaque fois qu'il vient me voir, il s'en garantira. En tous cas, si le malheur et la destinée voulaient qu'il en fut atteintet qu'il fut dans cette ville, je vous promets et vousjure par tout ce que j'ai de plus sacré que j'irai le prendre à son bord, le porter chez moi, le mettre dans mon lit, me mettre à son chevet et le soigner comme s'il eût été mon propre fils : assurez, je vous supplie, toute la famille de celà afin qu'ils n'aient pas d'inquiétude sur son compte. Il a remis à Stéphanie les bijoux que vous avez eu la bonté de lui envoyer, qui sont vraiment charmants et dont elle vous fait ses sincères remerciements par une lettre ci-joint. Mais en recevant le paquet cacheté, son premier cri fut en reconnaissant votre écriture : Ah, si c'était le portrait de ma chère marraine, j'en serais bien flattée ! En voyant le contraire, elle fut moins gaie, mais toujours bien reconnaissante et sensible à votre attention et souvenir. Et permettez que je joigne mes remerciements aux siens.

Toute la famille en général se porte bien. Votre oncle, après quatre-vingt-treize jours de goutte, va mieux.

Adieu, Ma Chère Nièce. Soyez toujours heureuse. Nos compliments respectueux à votre cher époux. Nous embrassons vos chers enfants et croyez toujours avec amitié

Votre tante

/ S / la Bonne de Tascher de la Pagerie

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